À Bordeaux, une enquête récente sur la santé mentale des jeunes en Nouvelle-Aquitaine montre que les étudiants recourent moins aux soins que la moyenne nationale, le Fomo figurant parmi les facteurs aggravants.
Ce phénomène, peur irrationnelle de rater des événements boostée par les réseaux sociaux, touche particulièrement les primo-entrants en Gironde.
L’Université de Bordeaux alerte via des programmes de bien-être sur les campus, soulignant les impacts sur la santé mentale des 18-25 ans.
Ambiance sur le campus
Dans la salle comble d’un amphi bordelais, une file d’attente silencieuse s’étire sous les néons blafards. Des étudiants, sacs à dos fatigués sur l’épaule, échangent des regards tendus, smartphones en main, comme des sportifs au coup de starter avant une course effrénée. L’ambiance évoque une ruche agitée, où chaque notification semble un appel urgent. © Crédit photo : Pierre Duval / Sud Ouest.
Contexte du phénomène
Le Fomo, acronyme de « Fear of Missing Out », émerge avec force à la rentrée universitaire, lorsque invitations et soirées se multiplient sur les réseaux sociaux.
À Bordeaux et sur les campus girondins, il se manifeste lors des intégrations, entre soirées en chaîne et stories compulsives, dans un contexte où la comparaison permanente devient la norme.
Apparu au début des années 2010 avec la montée en puissance des plateformes numériques, ce syndrome s’amplifie chez les jeunes post-bac, souvent éloignés de leurs repères familiaux et scolaires.
Comparaison Fomo : Bordeaux vs Paris
| Aspect | Bordeaux (Nouvelle-Aquitaine) | Paris (Île-de-France) |
|---|---|---|
| Offre événementielle | Apéros sur les quais de la Garonne, soirées étudiantes à Talence et Pessac. | Afterworks, concerts et événements nocturnes quotidiens dans une métropole saturée. |
| Intensité du phénomène | Sentiment d’urgence lié à chaque invitation dans un réseau de campus plus restreint. | Pression continue liée à l’abondance d’options et à la compétition sociale en ligne. |
| Impact quotidien | Fatigue, peur d’être « à côté de la vie étudiante », hésitation à demander de l’aide. | Surmenage, tension entre obligations académiques et vie sociale très dense. |
| Réponse institutionnelle | Actions de prévention, dispositifs sport-santé et programmes de mouvement et d’équilibre psychique. | Services de soutien psychologique très sollicités dans les grandes universités et écoles. |
Témoignages d’acteurs
Une psychologue bordelaise spécialisée dans la jeunesse résume un constat partagé dans de nombreuses études sur le Fomo étudiant : « Beaucoup de jeunes enchaînent cours, partiels et sorties par peur de rater un moment important, jusqu’à l’épuisement. »
Léa, 20 ans, étudiante en L1 à Talence (prénom modifié), confie lors d’un atelier sur la vie étudiante : « Entre les groupes WhatsApp, les stories et les soirées, j’ai l’impression qu’un non peut me faire rater ma place dans le groupe. »
Une responsable des Bureaux de la vie étudiante de Bordeaux souligne de son côté que les demandes liées à l’anxiété sociale et à la charge mentale augmentent depuis plusieurs rentrées.
Enjeux et perspectives
Les enjeux sont lourds pour la réussite universitaire : troubles du sommeil, ruminations, difficultés de concentration et démotivation pèsent sur les études, alors même que la région enregistre un moindre recours aux soins en santé mentale chez les jeunes.
Les algorithmes des plateformes, qui valorisent les contenus festifs et les moments « à ne pas rater », entretiennent le cycle de comparaison et de culpabilité chez les étudiants.
En Nouvelle-Aquitaine, plusieurs acteurs – universités, structures d’information jeunesse, associations de promotion de la santé – développent des actions de sensibilisation, des ateliers et des formations aux premiers secours en santé mentale pour repérer plus tôt ces situations.
Sur le même sujet : « Santé mentale : alerte sur les campus bordelais » ; « Précarité étudiante à Pessac : un cocktail explosif ».
La Région Nouvelle-Aquitaine et ses partenaires de la promotion de la santé prévoient de renforcer ces dispositifs lors des prochaines programmations, avec une attention particulière portée au mal-être des 18-25 ans sur les campus.
FAQ : Le Fomo étudiant en Gironde
Qu’est-ce que le Fomo ?
Le Fomo est un syndrome caractérisé par la peur de manquer une expérience jugée importante, souvent déclenché par les contenus publiés en temps réel sur les réseaux sociaux.
Pourquoi touche-t-il particulièrement les étudiants bordelais ?
La période d’entrée dans le supérieur, la forte importance de la vie associative et l’omniprésence du numérique créent un terrain propice, comme dans d’autres grandes villes universitaires, mais avec un recours encore limité aux structures de soins en Nouvelle-Aquitaine.
Quels sont les symptômes les plus fréquents ?
Fatigue chronique, anxiété sociale, sentiment de ne jamais en faire assez, baisse de l’estime de soi et des performances académiques sont régulièrement associés au Fomo chez les jeunes.
Que proposent les universités bordelaises ?
Les campus s’appuient sur des services de vie étudiante, des dispositifs sport-santé et des formations aux premiers secours en santé mentale pour favoriser l’activité physique, le lien social et le repérage des signes de détresse.
Comment un étudiant peut-il se protéger du Fomo ?
Les professionnels recommandent de limiter le temps passé à scruter les réseaux sociaux, de fixer des temps de déconnexion, de privilégier le sommeil et de sélectionner quelques sorties vraiment importantes plutôt que de céder à toutes les invitations.